Prévenir l’ostéoporose signifie ralentir la perte osseuse liée à l’âge et préserver, voire augmenter, la densité osseuse. Les mesures les plus efficaces sont un entraînement régulier de renforcement musculaire avec une surcharge progressive ainsi qu’un mode de vie favorable à la santé des os. Quels exercices sont efficaces, quel rôle joue l’alimentation et quels sont les points essentiels pendant la ménopause ? Voici les principales réponses en un coup d’œil.
Qu’est-ce que l’ostéoporose et comment survient la perte osseuse ?
L’ostéoporose est une maladie du squelette caractérisée par une diminution de la densité et de la solidité des os. Ceux-ci deviennent plus poreux, plus fragiles et se fracturent plus facilement. Cette affection est également appelée perte osseuse. Les fractures des vertèbres, du poignet et du col du fémur sont typiques, souvent à la suite de chutes mineures ou même de mouvements du quotidien.
Les os se remodèlent tout au long de la vie. Certaines cellules spécialisées éliminent l’ancien tissu osseux tandis que d’autres en reconstruisent de nouveau. Jusqu’à environ 30 ans, la formation osseuse prédomine. Durant cette période, l’organisme atteint sa masse osseuse maximale, appelée en termes médicaux « Peak Bone Mass ». Ensuite, l’équilibre s’inverse progressivement. Chaque année, un peu plus de tissu osseux est détruit que reconstruit.
Selon l’Association Suisse contre l’Ostéoporose (SVGO/ASCO), environ une femme sur trois et un homme sur cinq de plus de 50 ans en Suisse sont touchés par l’ostéoporose. (1) Cette perte osseuse liée à l’âge ne survient pas du jour au lendemain, mais évolue lentement et de manière insidieuse. Elle ne provoque généralement aucun symptôme. Les douleurs n’apparaissent souvent que lorsque la densité osseuse a fortement diminué ou qu’une fracture survient. Les spécialistes parlent d’ostéopénie lorsque les valeurs tombent en dessous de la normale. Si elles continuent à diminuer, le diagnostic d’ostéoporose est posé.

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Facteurs favorisant l’ostéoporose
- Le manque d’activité physique est l’un des principaux facteurs. Sans stimulation mécanique, la formation de nouvelle masse osseuse est fortement limitée.
- Un apport insuffisant en calcium et en vitamine D3. La vitamine D est indispensable pour permettre à l’organisme d’absorber le calcium.
- Le tabagisme régulier ou fréquent.
- Une consommation excessive d’alcool.
- Les changements hormonaux ; à partir de la ménopause, la diminution du taux d’œstrogènes accélère encore davantage la perte osseuse.
Les facteurs liés au mode de vie, tels que l’activité physique, l’alimentation, l’absence de tabagisme et une exposition suffisante au soleil, influencent entre 20 et 40 % de la densité osseuse maximale selon une revue systématique de la National Osteoporosis Foundation. (2) C’est précisément sur ces éléments que repose toute stratégie de prévention de l’ostéoporose.
Comment la musculation peut augmenter la densité osseuse
Les os réagissent aux contraintes mécaniques. Soulever régulièrement des charges envoie un signal au squelette. En réponse, les os stockent davantage de minéraux et gagnent en densité. Ce principe est décrit par la théorie du mécanostat développée par Harold Frost. Sans stimulation, le tissu osseux passe en mode économie. En d’autres termes, les os doivent être entraînés tout comme les muscles.
L’élément déterminant est la charge appliquée. Les promenades ou le yoga pratiqué tranquillement ne suffisent pas toujours à augmenter la densité osseuse et à prévenir l’ostéoporose. Un véritable effort est nécessaire. Les muscles doivent exercer une traction et l’os doit ressentir qu’on lui demande de s’adapter. C’est ce que permettent des exercices de musculation tels que les squats, les soulevés de terre ou le développé militaire.
Un second effet vient s’ajouter. Des muscles plus forts stabilisent les articulations, améliorent l’équilibre et réduisent ainsi le risque de chute. La musculation agit donc à deux niveaux : elle développe la masse musculaire tout en renforçant les os.
Quels exercices renforcent les os ?
Pour prévenir l’ostéoporose, l’accent doit être mis avant tout sur l’entraînement avec charges impliquant l’ensemble du corps. Concrètement, cela signifie privilégier un programme complet basé sur les exercices fondamentaux. Les squats, les soulevés de terre, le développé couché, le développé militaire et les exercices de tirage sollicitent simultanément de nombreux groupes musculaires et transmettent des charges importantes aux zones critiques du squelette que sont les hanches et la colonne vertébrale.
Une barre olympique constitue la meilleure base pour ce type d’entraînement, car elle permet d’augmenter progressivement les charges par petits incréments.
Un banc de musculation stable élargit les possibilités avec le développé couché et le développé militaire assis. Les haltères sont particulièrement adaptés au travail isolé et améliorent également l’équilibre et la coordination.
Les appareils de musculation sont-ils meilleurs que les poids libres ? Les deux ont leur utilité. Sur une station de musculation, le mouvement guidé sécurise l’exercice et réduit le risque de chute, ce qui peut être particulièrement utile lors d’une reprise après une longue période d’inactivité. Les poids libres sollicitent en parallèle les muscles profonds et améliorent la stabilité du tronc. Une combinaison des deux approches constitue généralement la meilleure solution. Deux à trois séances par semaine suffisent, à condition que la charge soit augmentée progressivement au fil du temps.
Quels sports sont déconseillés en cas d’ostéoporose ?
En règle générale, peu de sports sont totalement interdits. Cependant, certains mouvements exercent des contraintes peu favorables sur les os fragilisés. Les personnes atteintes d’ostéoporose ou ayant déjà subi une fracture devraient être particulièrement attentives au choix de leur activité sportive et demander conseil à leur médecin ou à leur physiothérapeute.
Les sports comportant des mouvements brusques et des rotations rapides sont plus délicats. Le tennis, le squash, le golf ou le ski alpin imposent au haut du corps des rotations sous charge. Pour des os en bonne santé, cela ne pose généralement aucun problème. En revanche, en cas de faible densité osseuse, cette combinaison peut entraîner une surcharge des vertèbres.
Les sports impliquant des sauts ou un risque élevé de chute nécessitent également de la prudence. L’équitation, le VTT sur terrain technique ou le trampoline conviennent davantage à des personnes possédant une bonne solidité osseuse. En cas d’ostéoporose, une chute sur le dos ou la hanche peut causer davantage de dommages que les bénéfices apportés par l’entraînement.
Qui apprécie le soulevé de terre doit d’abord apprendre une technique correcte avec la colonne vertébrale maintenue droite et effectuer le mouvement à partir des hanches, et non du dos.
Les mouvements de rotation sous charge constituent un autre point sensible. Les Russian Twists avec un disque de musculation posé sur l’abdomen ou les exercices de type « bûcheron » à la poulie combinent précisément ce que la colonne vertébrale tolère le moins : pression et rotation simultanées.
Heureusement, de nombreuses activités restent recommandées :
- La natation
- La marche sportive
- Le vélo sur un ergomètre
- L’aviron sur un rameur
- La danse
- La musculation avec une technique maîtrisée
Prévenir l’ostéoporose pendant la ménopause
L’hormone œstrogène protège les os. Lorsque son taux diminue pendant la ménopause, la perte osseuse s’accélère de manière significative. C’est précisément durant cette période que se joue la solidité du squelette pour les décennies à venir.
L’étude LIFTMOR menée par la Griffith University en Australie illustre parfaitement l’importance de cette période. Cent une femmes ménopausées présentant déjà une faible densité osseuse ont suivi pendant huit mois un entraînement intensif deux fois par semaine. Squats, soulevés de terre et développé militaire étaient réalisés avec des charges élevées et une technique irréprochable. Les résultats ont été remarquables : la densité osseuse au niveau de la colonne lombaire et du col du fémur a augmenté de manière mesurable, la posture s’est améliorée et le taux de blessures n’a pas augmenté. La musculation intensive reste donc efficace même lorsque les os ont déjà commencé à perdre de leur substance. (3)
Conseils pour maintenir une bonne densité osseuse pendant la ménopause
L’entraînement est essentiel, mais tout ce qui l’entoure l’est tout autant. Voici quelques ajustements utiles au quotidien :
- Intégrer la musculation dans son programme hebdomadaire : Deux séances fixes par semaine constituent la base. Privilégiez les grands exercices fondamentaux, des charges réelles et la volonté d’augmenter progressivement les poids au fil des mois. De nombreuses femmes évitent cette progression par peur de développer une musculature trop volumineuse. Cette crainte n’est pas fondée. Sans augmentation progressive des charges, les os ne reçoivent pas le stimulus nécessaire.
- Augmenter son apport en protéines : Les besoins quotidiens en protéines des femmes en ménopause se situent entre 1,0 et 1,4 gramme par kilogramme de poids corporel. Pour une personne de 65 kg, cela représente entre 65 et 91 grammes de protéines répartis sur trois à cinq repas par jour.
- Surveiller les apports en calcium et en vitamine D : Trois portions de produits laitiers par jour ou une eau minérale riche en calcium couvrent généralement les besoins. La vitamine D est synthétisée par la peau sous l’effet du soleil et peut également être apportée en petites quantités par certains aliments comme le saumon ou les champignons. En hiver, sous les latitudes suisses, l’ensoleillement est insuffisant pour produire suffisamment de vitamine D. Une supplémentation peut donc être utile, idéalement après une analyse sanguine.
- Travailler l’équilibre : Les chutes sont la principale cause de fractures. Se brosser les dents sur une jambe, danser ou s’entraîner occasionnellement sur une Balance Board améliore naturellement la coordination.
- Intégrer davantage de mouvement au quotidien : Prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, marcher pendant la pause de midi ou en soirée, se rendre au travail à vélo. Cela ne remplace pas la musculation, mais permet de rester actif entre les séances. Et l’activité physique reste le meilleur remède pour prévenir l’ostéoporose.
- Éviter les régimes drastiques : Les régimes restrictifs à l’âge adulte entraînent une perte musculaire et donc une diminution de la stabilité osseuse. Pour perdre du poids, il est préférable d’opter pour un léger déficit calorique d’environ 200 calories par jour (sans jamais descendre sous le métabolisme de base), associé à la musculation et à un apport suffisant en protéines.
Il est également recommandé d’en discuter avec son médecin traitant. Une mesure de la densité osseuse permet d’obtenir une évaluation précise de la situation de départ.
Alimentation pour des os solides : calcium, vitamine D et protéines au premier plan
L’alimentation et la musculation vont de pair dans la prévention de l’ostéoporose avec l’âge. Sans les bons nutriments, l’organisme ne peut pratiquement pas construire de nouvel os. Selon les recommandations de la SVGO, il convient de consommer chaque jour 1 000 milligrammes de calcium, au moins 800 unités internationales de vitamine D et un gramme de protéines par kilogramme de poids corporel.

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Le calcium pour des os solides
Trois portions de produits laitiers par jour couvrent généralement les besoins en calcium. Un yaourt, un morceau de fromage à pâte dure et un verre de lait suffisent déjà largement. Les personnes qui ne consomment pas de lait disposent également de nombreuses alternatives. Les eaux minérales contenant plus de 300 milligrammes de calcium par litre, les légumineuses, les fruits à coque, les boissons végétales enrichies en calcium ainsi que les légumes verts à feuilles comme le chou kale, le brocoli ou le pak-choï constituent d’excellentes sources de calcium.
Les protéines et le collagène, matériaux de construction des os
Environ un tiers de la masse osseuse est constitué de collagène. Cette protéine structurelle confère aux os leur élasticité. Le corps peut la produire lui-même à condition de disposer des éléments nécessaires. Pour cela, il a besoin d’acides aminés issus de l’alimentation, ainsi que de vitamine C et de zinc. Les acides aminés sont les composants de base des protéines et se trouvent donc dans les aliments riches en protéines. La vitamine C est présente notamment dans les poivrons, les choux comme le chou kale ou le chou de Bruxelles, ainsi que dans les baies et les agrumes. Le zinc se trouve dans les graines de courge, les flocons d’avoine, les lentilles et les produits d’origine animale.
Le bouillon d’os et le poulet avec la peau apportent également du collagène directement à l’organisme.
Vitamine D3, vitamine K2 et magnésium : un trio essentiel pour les os
La vitamine D3 permet le passage du calcium de l’intestin vers le sang. La vitamine K2 veille ensuite à ce que ce calcium soit fixé dans les os plutôt que dans les parois des vaisseaux sanguins. Le magnésium active ces deux vitamines et contribue à la stabilité de la structure osseuse. Ces trois nutriments travaillent en synergie. La vitamine D3 est produite par la peau sous l’action du soleil, mais cela est souvent insuffisant durant l’hiver en Suisse. La vitamine K2 se trouve principalement dans les aliments fermentés tels que le natto, le miso ou la choucroute, mais aussi dans les fromages à pâte dure et le jaune d’œuf. Le magnésium est abondant dans les céréales complètes, les graines de courge, les noix de cajou et les haricots. Une supplémentation en vitamine D3 associée à la vitamine K2 peut être judicieuse d’octobre à mars, idéalement après une analyse sanguine et en concertation avec son médecin traitant.
Sources
(1) Association Suisse contre l’Ostéoporose (SVGO/ASCO) : Recommandations concernant le calcium, la vitamine D et les protéines
(2) Weaver CM et al. (2016): The National Osteoporosis Foundation’s position statement on peak bone mass development and lifestyle factors: a systematic review and implementation recommendations. Osteoporosis International;27(4):1281–1386. DOI: 10.1007/s00198-015‑3440‑3
(3) Watson SL, Weeks BK, Weis LJ, Harding AT, Horan SA, Beck BR (2018): High-Intensity Resistance and Impact Training Improves Bone Mineral Density and Physical Function in Postmenopausal Women With Osteopenia and Osteoporosis: The LIFTMOR Randomized Controlled Trial. Journal of Bone and Mineral Research 2018;33(2):211–220. DOI: 10.1002/jbmr.3284
(4) Office fédéral de la santé publique (OFSP) : Recommandations relatives à l’apport en vitamine D




